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M. Jacques Isaac Gabizon, Directeur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Bonjour!

Je suis né à Casablanca, au Maroc.  Je suis issu d’une famille juive orthodoxe comprenant une longue lignée de rabbins.  L’un de mes plus chers souvenirs d’enfance du Maroc se trouve dans ces vendredis soirs et samedis matins que je passais à la synagogue de mon grand-père, à l’occasion du Shabbat. Mes amis me respectaient en tant que petit-fils du rabbin de notre synagogue.  Et j’avoue que je ressentais un certain sentiment de sainteté et un merveilleux sentiment d’appartenance aux riches traditions du judaïsme séfarade.

Mais, peu après la guerre des Six-Jours* en Israël, la vie pour un juif demeurant dans un pays musulman devint plus difficile.  Alors, en 1968, ma famille vint s’établir à Montréal.

Au milieu des années 1970, une soif de spiritualité et un éveil à conscience spirituelle devenaient très populaires et à la mode.  J’ai commencé à réfléchir à la religion et à m’intéresser spécialement aux prophéties. Quelques-uns de mes amis étaient déjà plongés dans les prophéties de Nostradamus.  Je me souviens que d’autres consacraient leur temps aux thèmes astrologiques.  Je refusais de prendre en considération ces sciences ésotériques. Je soutenais que je n’avais aucun motif valable pour chercher ailleurs ce que je pouvais trouver dans ma propre religion.  J’ai été voir mon père et lui ai demandé s’il connaissait quelques chose au sujet des prophètes.  Il n’en savait pas grand chose mais il me remit quelques livres qui appartenaient à mon grand-père.  J’en ai lu plusieurs passages mais ils n’étaient que des livres de prières.**

Quelques jours après, quelques évangélistes sont venus à mon collège, CEGEP St-Laurent,  et ont monté une table de livres.  Par simple curiosité, je me suis approché de la table et j’ai pris un livre.  J’ai lu le résumé à l’arrière de la couverture: «Qu’est-ce que les prophètes hébreux de l’Ancien Testament prophétisent pour notre époque?»  C’était une réponse directe à la question que je me posais.  C’était comme un choc pour moi.

Je suis très sceptique de nature mais je sentais qu’il se passait quelque chose de surnaturel pendant que je lisais le résumé du livre.  Je sentais vraiment que Dieu ne me regardait pas seulement en train de tenir le livre mais qu’Il scrutait également les profondeurs de mon âme.  J’ai même regardé derrière moi tellement je sentais une présence près de moi.  Je voulais acheter ce livre mais j’étais presque certain que je n’avais pas assez d’argent sur moi; mais là encore, j’ai fouillé dans ma poche et j’ai trouvé le montant exact pour l’achat de ce livre plus dix sous pour un billet d’autobus.

Ce livre spécial s’intitulait «L’Agonie de notre Vieille Planète» par Hal Lindsay.  Je suis retourné à la maison et tout comme le prophète Jérémie, j’ai dévoré ce livre.  Tout en lisant, je m’apercu que le nom de Jésus reveruit(?) souvent et je me disais que c’était acceptable pour Hal Lindsay, l’auteur, d’exalter Jésus.  Après tout, Lindsay était chrétien et c’était tout à fait naturel pour les chrétiens d’aimer Christ.  Mais en tant que Juif, qu’est-ce que Jésus venait faire dans les prophéties de l’Ancien Testament?

En plus de cela, parce que le nom de Jésus fut souvent associé a l’antésemitisme dans l’histoire j’éprouvais à cette époque une aversion pour le nom de Jésus.  Je ne pouvais même pas lire le nom.  Je repérais du coin de l’oeil l’endroit où se trouvait le nom de Jésus et je sautais franchement par-dessus quand j’y arrivais. 

Permettez-moi de vous dire que, pour moi aujourd’hui, le nom de Jésus est le Nom qui est au-dessus de tous noms.

Quelques semaines plus tard, j’ai rencontré un pasteur baptiste, Monsieur Jim Browning, et je lui ai demandé «Qui est Jésus?»  Sachant que j’étais Juif, il essaya de me montrer Jésus dans l’Ancien Testament.  Il m’a alors dit que Jésus était l’Ange de l’Éternel qui est venu sur terre pour mourir pour nos péchés, mais je n’avais pas trop compris.  Toutes ces histoires pour un ange seulement!  Bien, me suis-je dit, ce n’était pas si menaçant pour ma religion judéo-monothéiste traditionnelle.  Alors j’ai rappelé ce pasteur et, suite à de longues conversations, il m’a expliqué que Jésus était en fait Dieu Lui-même.  J’ai eu beaucoup de difficulté à concevoir cette idée jusqu’à ce qu’un jour, je lise un verset qui m’aida beaucoup.

Dans Ésaïe 43,11, Jéhovah déclare: «C’est moi, moi qui suis l’Éternel, et à part moi il n’y a point de sauveur.» Nous pouvons tirer deux conclusions plausibles de ce verset : A) Jésus n’est ni le Sauveur et ni le Messie; ou B) Jésus n’est pas seulement le Messie mais Il est Jéhovah Lui-même.

Je remercie Dieu pour ce verset.  D’ailleurs, je ne peux pas comprendre Jésus dans toutes Ses paroles et Ses oeuvres à moins de prendre pour acquis la réalité de Sa divinité.  Toutes les autres doctrines, telles que la doctrine de la grâce, de la substitution, de la rédemption, etc.… prennent une nouvelle et plus profonde signification quand l’on saisit et croit cette merveilleuse doctrine de la divinité de Christ.

Un autre passage qui m’a bouleversé fut Ésaïe 53.  Quand je l’ai lu pour la première fois, j’ai vraiment pensé que la Bible en français avait été falsifiée vu que ce passage était tellement clair pour moi.  Je l’ai montré à mon père et à ma mère et leur ai demandé s’ils le connaissaient.  Ils l’ignoraient.  Mais je remercie Dieu pour le salut de mon père…il a accepté Jésus trois mois avant que le Seigneur le prenne auprès de Lui, il y a maintenant dix ans de cela.

Après avoir accepté Jésus comme mon Seigneur, j’ai été baptisé d’eau, dans les semaines qui suivirent, à une église baptiste.  Trois mois plus tard, j’ai rencontré ma future épouse, Sharon.  Elle était Juive et non croyante et, dans mon zèle, l’une des premières choses que je lui ai dites était que si elle ne croyait pas en Jésus-Christ, elle irait en enfer.  C’est ce qu’on appelle de l’évangélisation à caractère juif!  Ce n’était pas la façon de faire la plus appropriée pour un Juif.  De quelle manière Sharon a-t-elle réagi?  Comme toute bonne fille juive, elle alla le dire à sa mère.  Et bien que sa mère lui ait dit que j’étais cinglé, Sharon fit ce que la plupart des adolescents et jeunes adultes font: ne pas écouter ses parents!  Un an et demi plus tard, nous étions mariés.

La Bible enseigne clairement qu’un croyant ne devrait pas épouser une personne non croyante.  À cette époque, j’étais jeune dans la foi et j’ignorais ce précepte.  Je souligne cette question, particulièrement pour les jeunes. 

Dieu a été très indulgent et patient à notre égard. Il s’est passé huit ans avant que Sharon devienne croyante.  C’est, à cet effet, le nombre moyen d’années que cela prend pour une personne juive d’accepter Yéshua.

Pendant mes jeunes années dans la foi, le Saint-Esprit a été très bienveillant à me garder fort.  Durant ces huit premières années de mariage, je n’ai pas fréquenté d’église et je n’ai eu aucun rapport avec des croyants.  Je le mentionne dans le but de démontrer comment Dieu protège Les siens et qu’Il ne les abonnera jamais.  Dans Jean 10,28, le verset préféré de ma fille Eva, Jésus dit: «Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.»  Il n’est pas recommandé de vivre ce genre d’isolement.  Les Écritures nous enseignent que chacun d’entre nous formons une partie du Corps de Yéshua en tant que croyant et que nous avons besoin les uns des autres.

Je me souviens très clairement de ces semaines et mois précédant la conversion de Sharon.  Les choses commençaient à changer pendant que le Saint-Esprit était à l’oeuvre.  Je m’apercevais que Sharon jetait des coups d’oeil à mes livres.  A l’occasion, je plaçais un livre délibérément d’une certaine façon et lorsque je revenais du travail, je m’apercevais qu’il était toujours au même endroit. Toutefois, le livre avait été déplacé!  Je remarquais un certain changement dans son attitude envers Yéshua.  Il lui arrivait même de prendre Sa défense.  Tout enthousiasmé, je voulais savoir si elle croyait vraiment.  Je lui ai donc joué un petit tour.  À cette époque, et encore aujourd’hui, l’une de mes doctrines préférées est l’Enlèvement des Saints, cette espérance bénie.  Sharon connaissait tout à son sujet.  Je lui avais même dit que, si un jour je n’étais plus là, de lire 1 Thessaloniciens 4 et 1 Corinthiens 15.  Alors un après-midi, je me suis caché dans la penderie derrière quelques manteaux d’hiver.  Elle a commencé par m’appeler et me chercher dans l’appartement, persuadée que je jouais à la cachette.  Ses appels et ses recherches étaient inutiles et je remarquai une certaine panique dans sa voix.  Des années plus tard, elle m’avoua qu’elle pensait que j’avais été enlevé et elle passa quelques minutes à réfléchir sur la vie comme l’un des 144,000 Juifs de la Tribulation

Tout en étant non croyante, Sharon accepta quand même d’assister à une conférence d’un Juif chrétien qui avait lieu dans une église locale. À cette époque, nous ne savions pas que c’était Arnold Fruchtenbaum.  Mais, je me souviens avoir été très impressionné par sa connaissance de la Bible; et il se passerait bien des années avant de le rencontrer à nouveau.

Quand Sharon a reconnu Jésus comme son Saveur les membres de sa famille et de la mienne, ont commencé à paniquer et des anti-missionnaires se sont présentés afin de nous convaincre que Yéshua n’était pas pour les Juifs.  Nous avons fait face à au moins onze confrontations avec des rabbins et des anti-missionnaires durant les premières années de la conversion de Sharon.  Je puis vous affirmer aujourd’hui que pendant cet épisode de notre vie, que notre foi a grandi considérablement.  Nous étions obligés d’étudier de manière à répondre aux attaques.  Nous étions obligés de prier et je n’ai jamais autant ressenti Sa présence immédiate que lors de ces moments difficiles.

L’une des rencontres les plus remarquables que j’ai eue fut lorsque j’ai été présenté à un éminent rabbin d’origine marocaine, demeurant à Montréal.  Nous nous sommes assis dans son bureau et après lui avoir parlé d’Ésaïe 53, il m’a répondu que ce passage ne se référait pas du tout au Messie.  Alors, je lui ai fait remarquer que dans le Talmud, au Sanhédrin 98b, des rabbins ont appliqué Ésaïe 53 au Messie.  Il est allé chercher son Talmud, a lu le passage en question et fut très étonné.  Je lui ai donc demandé si c’était au moins «juif» de dire que le Messie devait mourir pour nos péchés.  Il m’a répondu que ce n’était qu’une interprétation et que nous (en référence à notre communauté marocaine) adhérions principalement aux interprétations de Maimonide et de Rashi.  Je lui ai alors demandé s’il considérait que Maimonide était un prophète.  Il acquiesça. Je lu ai demandé s’il était au courant d’une certaine prophétie émise par Maimonide, qui donnait une fausse date quant à la venue du Messie.  J’ai ensuite cité Moïse, dans Deutéronome 18,21-22, qui déclare qu’aucun vrai prophète de Dieu ne pouvait faire d’erreurs.  Je me souviens qu’il se fâcha et donna un coup de poing sur la table.  Il me demanda si j’avais des preuves de mon accusation contre Maimonide.  Je lui ai dit que je les lui fournirais.  Nous nous sommes quittés sur cette note.

Cette même journée, je me suis rendu à la Bibliothèque juive de Montréal.  Et bien que ce soit une bibliothèque anglophone, j’ai trouvé le livre dont j’avais besoin, écrit en français!  Ce rabbin en question était francophone.  La référence que j’ai trouvée était une lettre éditée de Maimonide au Rabbin Alfujame du Yémen.  Dans cette lettre, Maimonide avait conclu que le Messie viendrait au début des années 1200.  À cause de cette prophétie, beaucoup de Juifs s’établirent en Israël seulement pour être massacrés par des Musulmans.

Je lui ai donc remis ce livre et il l’a gardée pendant deux semaines.  Je suis allé lui parler par la suite afin de connaître ses déductions.  Il a dit qu’il y avait un mystère qu’il ne pouvait pas expliquer.  Selon lui, il n’existait pas même le soupçon d’un doute au sujet de son grand prophète Maimonide.  Cet incident m’a enseigné que quelles que soient la raison, la logique ou les preuves que nous pouvons utiliser pour témoigner, cette bataille relève du spirituel.  Je suis quand même très reconnaissant envers Dieu qui est fidèle et qui a donné l’occasion à ce rabbin d’entendre Sa Parole.

Ma famille reçoit encore de la littérature haineuse de la part d’anti-missionnaires.  Mais Jésus dit que lorsque ces choses arrivent «réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse car grande sera votre récompense dans les cieux, car ils ont persécuté les prophètes avant vous.»

Aujourd’hui, nous sommes remplis d’enthousiasme à servir Dieu dans la région de Montréal, par l’entremise des Ministères Ariel Canada et de la Congrégation messianique Beth Ariel. Sharon et moi-même demandons vos prières afin d’être des serviteurs efficaces de par notre façon de vivre pour la gloire de Dieu.

*La guerre des Six-Jours s’est déroulée en 1967 entre Israël d’un côté et l’Égypte, la Jordanie et la Syrie de l’autre côté.  Les États arabes ont reçu l’aide de l’Iraq, du Koweït, de l’Arabie saoudite, du Soudan et de l’Algérie.  Du début à la fin, la guerre dura 132 heure et 30 minutes (donc moins de six jours).  Cette guerre a été la plus spectaculaire des guerres survenues entre Israël et les nations arabes, résultant en une dépression chez le monde arabe qui dura plusieurs années, changeant les mentalités et les orientations politiques du peuple, et résultant de plus en l’augmentation de tensions entre les pays arabes et le monde occidental.  Quoique les pertes matérielles et humaines fussent assez graves, la faiblesse arabe dans cette guerre, comparée à l’efficacité israélienne, ne sera probablement pas oubliée pour plusieurs décennies à venir.  La guerre a rapporté à Israël les plus grands gains territoriaux provenant de toutes les autres guerres dans lesquelles Israël était la cible: le Sinaï et la Bande de Gaza ont été conquis de l’Égypte, Jérusalem-Est et la Rive occidentale de la Jordanie et les Hauteurs du Golan de la Syrie.

**Le Siddur (Siddurim au pluriel) est le livre de prières utilisé par les Juifs à travers le monde.  Il renferme une série ordonnée de prières quotidiennes. Le Siddur est l’un des livres juifs des plus largement répandus et des plus connus.  Il est le premier livre qu’un Juif religieux apprend à lire.  Le Siddur a été rédigé à Babylone, au début du Moyen-Âge, par les dirigeants des collèges rabbiniques.